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France-Argentine. Le match des médias français

Après avoir suivi l’élimination du Sénégal en direct sur RFI ,  j’ai voulu savoir comment les médias français avaient analysé le match France-Argentine pour la huitième de finale de la Coupe du Monde 2018.  Avant-match, retransmission et fin de match. Ecoutez la passion et l’émotion des médias (radios, TV et Twitter).

Ce billet a initialement été publié sur dania.mondoblog.org.

Il m’a d’abord fallu recenser les radios françaises qui diffusent la Coupe du Monde : RFI, France Inter, France Info, RTL, ou encore Europe 1. En attendant, coup de télécommande rapide sur TF1 : ici, la composition de l’équipe argentine est passée au scanner par les journalistes et les consultants. Nous sommes à 51 minutes du coup d’envoi mais les pronostics vont bon train. Tous ceux qui sont sur le plateau annoncent une victoire de la France ! Le match n’a pas encore commencé mais c’est déjà comme si on y était déjà…

 

Zapping radio ensuite : RMC pour commencer

Accélération de Mbappé et pénalty pour la France. Antoine Griezmann ouvre le score ( 1-0) à la 13ème minute.

Allons revoir ce premier but sur le compte Twitter de TF1 :

Pendant ce temps sur RFI, le match continue : la France domine et les argentins multiplient les fautes. Lionel Messi et ses compagnons semblent éteints sur la pelouse. Jusqu’au moment de la 41ème minute où Di Maria rappelle aux français qu’il connait Paris, qu’il connait la France. Réaction sur RFI :

Puis 2-1 pour l’Argentine dès la reprise (47ème minute)

Décidément, cette rencontre est un vrai match, du beau jeu, un huitième de finale fabuleux ! Il était prédit qu’on vivrait du suspens jusqu’au bout : 2-2 partout, le suspens est à son comble, tout le monde est aux aguets. L’égalisation française signée Pavard rend les journalistes de RMC, complètement hystériques.


Commence alors le show de Kylian Mbappè 

Deux buts venus de nulle part… RFI nous rappelle que ce jeune joueur n’a pas encore 20 ans, au moment où il inscrit le 3ème but de la France. A ce moment du match, c’est la France entière qui s’emballe !

 

Le 4ème but, qui crucifie les argentins
Et paf ! Le but assassin ! Le 4ème but, qui crucifie les argentins. Kylian est stratosphérique ! RMC et TF1 sont alors dans une autre dimension, on les écoute et on se retrouve sur une autre planète.

Lorsque Eurosport parle de Mbappé Président, on comprend alors que c’est toute la France qui est dans la démesure. Un délire national !

L’enthousiasme est tel que lorsque l’argentin Aguero réduit le score à 3-4, les journalistes de RMC évoquent le but en chantant presque, plus rien n’a d’importance ! La fin du match est surréaliste. La France  victorieuse remporte le match.


Et Maintenant, l’après-match

La réaction de Paul Pogba sur France Info.


Sur RTL, suite de la réaction de Paul Pogba !

Marquer du nez, des oreilles, de la bouche… peu importe l’important c’est de marquer, nous dit Paul Pogba.

 

Place aux quarts de finales désormais. On anticipe déjà la suite…

Europe 1 se soucie du prochain adversaire des bleus. En plus Matuidi sera absent pour la France, alors qui jouera ? Pas le temps de souffler, c’est comme si on était déjà reparti sur le terrain !


En tout cas, après ce match fou contre l’Argentine, une chose est sûre : la France est bel et bien dans sa Coupe du monde. A fond les ballons ! Avec ses joueurs mais avec ses médias aussi ! Rendez-vous donc avec les ballons et les micros pour le quart de final contre le Portugal ou l’Uruguay, vendredi prochain à Nijni Novogrod !

 


J’ai suivi le match Sénégal-Colombie sur RFI et je suis complètement abasourdi

Pour la première fois depuis 1982, aucune équipe africaine ne participera au second tour de la Coupe du monde de football. L’Afrique avait placé tous ses espoirs sur les Sénégalais mais hier les Lions de la Téranga ont été éliminés.

Ce billet a été initialement publié sur dania.mondoblog.org.

Les Sénégalais partageaient la première place du groupe H avec les Japonais mais comme ils ont reçu plus de cartons jaunes qu’eux depuis le début de la compétition, cela leur a coûté leur place en huitième de finale. J’ai suivi la rencontre sur la radio mondiale, avec des amis partout dans le monde. Mardi 28 juin 2018. Encore un jour triste.

Au début de la rencontre, un Lion Indomptable encourage Les Lions de la Téranga.

Samuel Eto’o et d’autres camerounais étaient derrière le Sénégal.

Depuis Montréal au Canada, mon ami Steve Djouguela lui aussi s’est connecté sur la rencontre.

Steve Djouguela à Montréal. Crédits photos- Steve Djouguela

Il écrit dans un forum : « Tous avec les Gaindés. Je reçois les images grâce à une box que me procure un Marocain et qui me permet d’avoir un maximum de chaînes en clair » dit-il avec fierté. Pendant ce temps, RFI retransmet le match. On regarde, on écoute. C’est alors que le tournant de la rencontre arrive : penalty refusé pour le Sénégal ! A Montréal, Steve réagit : «  Penalty logiquement refusé mais le Sénégal garde la main sur le jeu et je suis confiant ». A ce moment précis, Steve est bien l’un des rares camerounais et africain à trouver la décision de l’arbitre logique. Sur RFI, les commentateurs pensent autrement :

Jusque-là le Sénégal est encore qualifié. Tant que la Colombie ne marque pas…
A la mi-temps de la rencontre, le correspondant de RFI à Dakar, décrit la situation depuis le Sénégal.

Mais les fins de matchs de cette Coupe du monde 2018 sont décidément tragiques pour les équipes africaines. Elles le sont surtout avec les équipes sud-américaines. Le 15 juin, l’Uruguay assomme l’Égypte en fin de match (1-0), même chose pour l’Argentine face au Nigéria (2-1) mardi 26 juin. Et maintenant, le Sénégal aussi tombe : 1-0 pour la Colombie !

Commence alors le temps des calculs pour se rassurer  : si le Japon (qui est mené 1-0 face à la Pologne) prend un 2ème but…  Si le Japon prend plus de cartons… Si, si, si. Mais rien ne changera. Le Japon a un nombre de cartons moins élevé que le Sénégal, le Sénégal est donc éliminé.


Pour la première fois depuis la Coupe du Monde 1982 qui avait eu lieu en Espagne, l’Afrique n’aura aucun représentant en 1/8ème de finale.

Habib Beye s’exclame :


Mais l’issue est forcément décevante, choquante : les Lions ont perdus. On sentait même une pointe de déception du côté des reporters de RFI qui étaient pro-africains, pro-sénégalais. Il y avait de la passion et de l’émotion sur les ondes de la radio mondiale ! Hier, l’Afrique portait un seul drapeau et une seule nationalité, celle des Lions de la Téranga. On aurait aimé vivre encore toute l’émotion des matchs avec eux, mais la Coupe du monde abordera les huitième de finale sans le Sénégal et sans l’Afrique. Il nous faudra désormais nous consoler avec les pays aux bi-nationalités africaines : la France, la Belgique et la Suisse. Alors, qui soutenez-vous ?


Les larmes du 26 juin en Afrique : le football plaide coupable

Au terme d’une rencontre à rebondissements, l’Argentine de Lionel Messi est venue à bout du Nigeria et s’est qualifiée pour les huitièmes de finales de la coupe du monde 2018. Cela s’est passé un 26 juin, une date qui rappelle plus d’un triste souvenir aux camerounais.

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Je ne sais pas quoi écrire ce soir. Pourtant il faut que je dise quelque chose sur cette défaite nigériane, sur cette coupe du monde au gout si amer pour l’Afrique.

Il faut que je m’exprime. Il faut que je dise quelque chose. Mais que dire ?

D’abord, j’ai du mal à titrer ce billet. Devais-je dire :

  • Ces argentins-là ne méritaient leur qualification.
  • Triste soirée africaine.
  • Injustice du football face à l’Afrique.
  • L’Afrique devrait organiser sa coupe du monde.

Ma voisine de palier est nigériane. J’ai entendu de multiples cris stridents depuis son domicile. Sa famille était en délire à chaque action forte, à chaque but marqué, surtout au moment du pénalty nigérian.

J’ai finalement eu de la sympathie pour elle. Car, il faut l’avouer, ma voisine n’est pas du tout gentille. Elle a du mal à saluer ses voisins, elle est repliée sur elle-même, confinée dans son appartement, distante et arrogante. Elle était pourtant libérée ce soir, le temps d’un match de football. A Yaoundé et Douala, les nigérians sont chez eux. C’est tout naturel que tout le quartier soutenait les « green eagles », « super eagles », bref, les super aigles verts. A 10 minutes de la fin du match, pendant que nous étions tous convaincus de la performance nigériane, car à 1-1, l’Argentine était éliminée, la forte pluie qui s’est abattue sur Yaoundé a figé les images.

« On dirait dit une défaite des lions indomptables »

Il est de notoriété publique que Canal + Afrique nous sert des images selon ses humeurs. reviennent, le compteur affiche 2-1 en faveur du Nigeria. C’est le silence total. Ma voisine nigériane et ses enfants se taisent définitivement. La nuit vire au drame.

On aurait dit une soirée de défaite des lions indomptables. C’est mal connaitre les camerounais, qui ont pour principal rival le Nigeria quand il s’agit du football africain, mais ce soir, tous les camerounais étaient nigérians. C’est d’ailleurs ce même Nigeria qui a empêché les lions indomptables d’aller en Russie, mais les camerounais n’oublient jamais que leur meilleur voisin, c’est le Nigeria : 1690km de frontière entre les deux pays. Il y a donc eu un déferlement sur les réseaux sociaux à la fin du match.

Les gens crient au scandale, à l’arbitrage qui aurait été clément avec l’Argentine et au doigt d’honneur de la légende Diego Maradona à la fin du match. La défaite est indigeste, le sentiment d’injustice habite à nouveau les camerounais.

« Il est sans doute préférable que l’Afrique organise sa propre coupe du monde. Le football c’est pour les forts, pas pour nous », lance un ami complètement dépité sur Facebook. Il l’est davantage quand il découvre les images relatives du spectacle offert par Diego Maradona au moment du deuxième but argentin.

Les espoirs Africains reposent maintenant sur le Sénégal qui aura en face un autre sud-américain, la Colombie. Cette Colombie qui a deux mauvais souvenirs contre l’Afrique : un huitième de finale perdu en 1990 face au Cameroun, et une demie-finale de la Coupe des Confédérations, perdue le 26 juin 2003 face au… Cameroun.

Le 26 juin, une date gravée dans la mémoire des Camerounais

Ce 26 juin 2003, Marc-Vivien Foé mourait au stade Gerland en France, pendant la demie-finale de coupe des confédérations opposant le Cameroun et la Colombie. 15 ans plus tard, les camerounais espéraient que son spectre allait sourire aux nigérians. Que non ! Ce 26 Juin 2018, le Nigeria a confirmé qu’en coupe du Monde, l’Argentine la domine toujours. Cinq défaites en cinq confrontations : 25 juin 1994, 1er juin 2002, 12 juin 2010, 25 juin 2014 et 26 juin 2018. Les amoureux de la numérologie sont servis. Des dates qui se ressemblent, et ce tirage au sort qui revient tout le temps. Autour du 26 juin, le Nigeria perd contre l’Argentine. Le football a-t-il une autre logique que le sport ?

Argentine-Nigéria, l’éternelle affiche

Cinq fois donc en Coupe du Monde, deux fois aux Jeux Olympiques, une fois à la Coupe des Confédérations, et plusieurs fois en amical. L’histoire retiendra que c’est le 3 août 1996 que l’Afrique a été pour la première fois de son histoire médaillée d’or au tournoi de football des Jeux Olympiques. C’était le Nigeria, et c’était face à l’Argentine. Cette même Argentine a remporté sa deuxième médaille d’or olympique de football en 2008 face au Nigeria.

Je n’ai toujours pas trouvé de titre pour mon billet. J’ai envie de l’intituler « 26 juin 2018 ». Oui, cela me semble correct. Car des 26 juin qui nous font pleurer, il y en aura encore et encore à Yaoundé. Je vais finir par croire que la forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Yaoundé ce soir était faite de larmes. Mon billet peut évoquer aussi ces larmes. Les larmes du 26 juin. Les larmes de nos ancêtres. Les larmes de Marc-Vivien Foé. Les larmes des nigérians qui méritaient d’aller plus loin dans la compétition. Les larmes de l’Afrique dont le parcours à cette coupe du monde 2018 ressemble déjà à un cauchemar. A moins que…


Sénégal et Japon : Le match de la propreté

Des images de supporters japonais et sénégalais nettoyant les gradins des stades russes à l’issue des rencontres de leurs équipes nationales ont fait le tour de la toile. Coup de bluff ou coup d’éclat ?

Janvier 2018, Le Thieulinpetite commune du Centre de la France. Tonton Sam, qui est d’origine camerounaise, vide ses ordures. Il y a un bac pour les verres et les bouteilles, et un autre pour les papiers et les magazines. Il m’explique qu’en France, le recyclage des ordures est une filière pourvoyeuse d’emploisElle fait partie de l’économie circulaire.

Tonton Sam

Or en Afrique, et particulièrement au Cameroun, les ordures ménagères nous rapprochent plus de l’économie de la maladie. Pendant des mois, les ordures sont entassées dans les quartiers de Yaoundé et de Douala. La société Hysacam (Hygiène et Salubrité du Camerouna du mal à ramasser les ordures comme jadis. L’environnement est pollué par les mouches, les rats, et toutes sortes de parasites qui s’attaquent aux domiciles et aux individus.

Ordures du quartier Jouvence à Yaoundé.

Du coup, l’image des supporters sénégalais nettoyant les gradins du stade lors du match Pologne-Sénégal du mondial 2018 a vite fait le tour de la toileChristine DjafaSalma Amadore et Ecclesisate Djegui, trois camerounais qui ont foulé le sol de Dakar, m’ont unanimement dit que « les sénégalais sont des êtres civiques. Il est dans leur nature de nettoyer quand ils salissent ». Et pourtant, beaucoup ont jugé que le geste sénégalais était intéressé. « Ils l’ont fait parce qu’ils ont gagné le match », annonce un internaute qui estime qu’on fait trop de publicité trop de publicité gratuite au pays de la Téranga. D’autres internautes affirment que les sénégalais ont simplement imité le geste des japonais, qui eux-mêmes ont nettoyé les gradins après leur victoire sur la Colombie.

Que non ! rétorquent en chœur Malik et Diallo. L’un tient une échoppe (comme dans la plupart des quartiers du Cameroun, les boutiques sont tenues par des sénégalais), l’autre est un couturier. Ils me rappellent à juste titre que lors de l’AfroBasket féminin 2015, à Yaoundéles sénégalais avaient été exemplaires au Palais des Sports de Warda. Ils ont nettoyé les gradins, pendant que, beaucoup de camerounais, énervés par cette défaite en finale, effectuaient quelques actes de vandalisme. Ce qui se passe en Russie est donc loin d’être inédit.

https://www.youtube.com/watch?v=zNybrt-vXLk

Le 12ème Gaïnde qui donne le ton à Moscou, nous passe un message universel :

  • Le sénégalais se sent partout chez lui ;
  • Le sénégalais ne balaie pas que devant sa cour ;
  • Le sénégalais a l’esprit de fair-play ;
  • Le sénégalais a l’esprit de famille (partage, repas en groupe, etc.)

Ce dimanche 24 Juin 2018, ce n’est pas tant le score du match contre le Japon qui compte. Ce qui est important, ce sont les 25 heures de train que les supporters des Lions de la Téranga ont fait pour aller soutenir le Sénégal face au Japon. Ce qui est important, c’est qu’après leur quart de finale mémorable en 2002, les sénégalais nous envoient aussi un message de solidarité. Oui, il faut du respect quand on entre dans un stade. Le même respect que l’on doit avoir en foulant un temple bouddhiste ou shintoïste quand on est musulman ou chrétien. Cela s’appelle tout simplement le respect. Alors, que ce soient les japonais ou les sénégalais qui nettoient le plus, le plus important est donc…la propreté. Et la propreté n’a jamais demandé d’être la propriété d’une seule nation.


La coupe du monde a du mal à parler arabe

Les quatre nations arabes de la coupe du monde de football 2018 ont toutes perdu leurs deux premières rencontres et sont toutes éliminées dès le premier tour : Maroc, Tunisie, Egypte et Arabie Saoudite. Mais qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Ce billet a été initialement publié sur dania.mondoblog.org.

Bien malins ceux qui pensent que le football est une science exacte. Certes, les quatre nations arabes de cette 21e coupe du monde étaient loin d’être des favoris. Mais l’Égypte était surveillée à cause de sa star Mohamed Salah. Le Maroc, qui n’avait perdu aucun match entre le 9 juin 2017 et le 9 juin 2018, venait de remporter le Championnat d’Afrique des Nations à domicile. Les lions de l’Atlas étaient les meilleurs espoirs africains, tout comme leurs voisins tunisiens.

Seulement, le cauchemar arabe a débuté avec la fessée reçue par le royaume saoudien en match d’ouverture contre la Russie (5-0). C’était la fin du jeune de ramadan, et à Yaoundé, les analystes avaient tôt fait d’expliquer la défaite saoudienne par cette période de carême, de privation et d’abstinence. Cette explication quelque peu fantaisiste s’est confirmée le lendemain du match d’ouverture, le 15 juin, jour de la fête du ramadan, avec les défaites de l’Egypte 0-1 contre l’Uruguay et du Maroc contre l’Iran 0-1. Les perses sont aussi musulmans, mais ils ont battu le Maroc. Le ramadan n’empêche donc pas de marquer des buts, serions-nous tentés de conclure. 

Au moment de la rencontre entre l’Egypte et l’Uruguay à Yaoundé, Rajad Abdallah et Ibrahim Hachem, deux égyptiens en service au Cameroun, regardent le match avec enthousiasme et fanatisme. Malgré la défaite, ils étaient confiants pour le deuxième match. Rajad affirmait par exemple qu’il y a « de l’espoir pour le prochain match ». Son compère Ibrahim ajoutait : « Nous comptons beaucoup sur la participation de la star Mohamed Salah au prochain match contre la Russie. » Malheureusement, contre la Russie, Salah a joué et marqué, mais l’Egypte a perdu (1-3) contre le pays organisateur, pendant que le Maroc essuyait une deuxième défaite (0-1) contre le Portugal, et l’Uruguay battait l’Arabie Saoudite (1-0). Bilan implacable : les trois premiers pays éliminés du premier tour de la coupe du monde 2018 étaient des nations arabes.

Rajad Abdallah et Ibrahim Hachem, des fans égyptiens à Yaoundé. Crédit photo : Dania

Simple hasard ou logique sportive ?

On ne peut pas parler de logique sportive quand l’Iran défait le Maroc qui a dominé la rencontre. De même, l’Egypte méritait au minimum un match nul face aux uruguayens. Il faut peut-être donc chercher l’explication ailleurs. Les nations arabes sont bien organisées, mais rares sont les stars qui émergent de leurs championnats locaux. Mohamed Salah est l’exception à cette règle, la plupart de ses coéquipiers sont des joueurs moyens, sans plus.

Côté marocain, malgré l’impact des binationaux, malgré l’effet multiplicateur de sa cinquième candidature à l’organisation d’une coupe du monde (1994, 1998, 2006, 2010 et 2026), malgré son passé honorable dans les précédentes éditions de la coupe du monde (notamment un huitième de finale en 1986), le royaume chérifien était une des plus grosses déceptions africaines et… arabes. Le monde arabe est toujours à la recherche d’une consécration et d’un meilleur bilan en coupe du monde. 2018 est encore une déception. Sur les quatre nations, aucune ne verra les chemins du deuxième tour. La Tunisie également a perdu ses deux premières rencontres (2-1 contre l’Angleterre et 2-5 contre la Belgique).

Le regard est donc tourné vers 2022. Pour la première fois un pays non membre du G20, organise la Coupe du Monde, et ce sera un pays… arabe. L’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar a nourri beaucoup de soupçons de corruption, mais il n’empêche que cette attribution aura au moins le mérite de se faire dans une nation qui a beaucoup investi en Europe dans le monde du sport (Paris-Saint-Germain, beIN Sports, etc.). Grâce à la coupe du monde au Qatar, les nations arabes se sentiront peut-être à la maison. Depuis 2009, l’arabe est devenue la cinquième officielle langue de la FIFA. Il est temps que le palmarès aussi parle cette langue.